" Il a cité Sade, dont je n'ai jamais lu une ligne, mais j'ai déjà entendu les commentaires traditionnels sur le sadisme : on ne se connaît que lorsqu'on touche ses propres limites. Cela c'est certain. Mais c'est faux également, parce qu'il n'est pas indispensable de tout connaître de soi. L'être humain n'est pas fait uniquement pour rechercher la connaissance, mais aussi pour labourer la terre, attendre la pluie, planter son blé, récolter le grain, pétrir le pain.
Je suis deux femmes : l'une désire connaître la joie, la passion, les aventures que l'existence peut lui offrir, l'autre être esclave de la routine, de la vie de famille, des menus actes qui peuvent être planifiés et accomplis. Je suis dans le même corps la maîtresse de maison et la prostituée, l'une luttant contre l'autre.
La rencontre d'une femme avec elle-même est un jeu qui comporte des risques sérieux. Une danse divine. Quand nous nous rencontrons, nous sommes deux énergies divines, deux univers qui s'entrechoquent. S'il manque à cette rencontre la déférence nécessaire, un univers détruit l'autre."
Maria